jeudi 21 juillet 2011

Nuit à la station Furn-El Chebbek 103


Assez bavardé, place à l'observation sur le terrain. Dans un quartier à haute densité de population, ou les immeubles de 15 à 20 étages, sans ascenseurs, avec des cages d'escaliers très très étroites constituent un vrai challenge (voir un vrai cauchemar) pour les secouristes lors de l'évacuation des patients. L'hospitalité libanaise va encore frapper. A peine arrivé, tout est fait, naturellement, pour faire honneur aux hôtes. Et rien d'extravagant, pas de grande théorie ou discours fleuve. Simplement un verre de Pepsi (boisson officielle du secouriste), une visite de la station, quelque mots sur la raison de notre présence. Puis rituel de la répartition des équipes et commande du repas du soir.


Urgence, urgence ! Hypodrôme, malaise, vomissements et hyperventilation. Pour une fois on part pas avec un VW T4 mais les nouveaux Nissan (modèle standardisé dans le pays... si on faisait ça en Suisse, autant dire que c'est la guerre civile dans l'heure). Huge, qui doit bien mesurer 2 mètres, "s'installe " au volant. Ses mains (le double des miennes) relègue le volant d'une taille pourtant normale à l'état de riducule guidon de Peugot 103. Ceinture OK ? Et merde, je suis au fond de l'ambulance et la ceinture est utilisée pour tenir des attèles. Pas OK répond Hyper (chaque secouriste à un surnom. En cas de conflit, la neutralité de la Croix Rouge Libanaise leur permet d'intervenir avec toute les parties. Les surnom évite l'identification de l'origine (ethnique ou religieuse; et il y a 18 religions différentes au Liban) du secouristes). Je me déplace car tant que nous sommes pas tout ceinturés on ne roule pas.Et c'est pariel en charge avec le patient... (Et nous ? Allons-nous mettre ces superbres ceintures 5 points dans nos Ford tout neuf ?).

Slalom sur le boulevard qui mène au musée nationale puis nous entrons sur l'hypodrome. Malgré la clim' a fond, il fait un cuite infernale. S'ajoute la poussière des pistes pour les chevaux soulevée pas l'ambulance. C'est immense. Comment va - t - on touver le patient ?
On se dirige vers des spots multicolores pour le lightshow d'un concert qui aura lieu dans quelques jours.
A cind dans l'ambulance, autant dire que l'évaluation du patient est bouclée rapidement. Le chef d'équipe prend des informations auprès des témoins, le secouristes évalue le patient, les dossards ( les bleus dont je fais partie ) mesure la tension, la SpO2 et administre de l'oxygène.
Pendant ce temps, l'ambulancier (dénomination de celui qui conduit, mais qui est un secouriste expérimenté) prépare la relève. L'affaire est pliée en 5 minutes sur site. 15 minutes à l'hôpital. Ca c'est du bon BLS provider !

De retour à la station, la TV s'éteint. Le chef d'équipe nous invite à nous joindre à la séance de début de permanance. Commuications du comité de direction de la station, passage en revue des heures d'arrivée (histoire de faire comprendre que la ponctualité à une importance quand bien même vous êtes volontaires) puis je crois réver. Une chose impensable en Suisse se produit ( en plus d'avoir déjà éteint la TV )
les secouristes passent en revue les cas de la journée. Ils partagent leur expérience sur les difficultés rencontrées, sur les stratégies choisies pour la relève du paitent etc. Puis on évoque quelques pistes sur la probale pathologie dont souffre le patient. Le tout est strucuré, utile (pas genre colloque infirmier en psyger ou ça s'étalle pendant des lustres sur la formes et couleurs des selles... ).

Puis viens le cas du patient de l'hypodrome. Une discussion sur le choix de l'oxygènothérapie s'engage. Arguement, contre argument. Je pensais pas qu'on pouvais se poser autant de questions sur le sujet. Quel soucis du détail ! Mais l'art ambulancier est là. Plus on nous délègue de gestes plus on s'éloigne de l'essentiel. De fait on se perd dans des discussions stériles du genre fallait-il faire un 15 dérivations avant de donner de la TNT à ce patient ?
Bref, au-delà du sujet, c'est la posture, l'attitude adoptée par ces secouristes qui m'émeut. Le partage d'expérience, à chaud, permet aux dossards de bénéficier de l'expérience, de l'analyse des secouristes plus expérimentés. Je leur donnerai mon carnet IAS après la permanance.

Un grand merci à toute l'équipe, pour ce court moment passé en leur compagnie.

"Le premier entre les égaux"

1 commentaire:

shanty a dit…

merci Florian! Well appreciated!!