lundi 24 février 2014

Croix Rouge Libanaise une vraie success story !



Voici que prend fin ce projet qui a débuté en 2007 par la formation de 19 secouristes volontaires de la Croix-Rouge libanaise (CRL). Ce projet pilote est né d'une convergence d'intérêts et de compétences entre la CRL, souhaitant standardiser son matériel (notamment la flotte d'ambulance) et harmoniser la formation dans ses 43 stations. Les partenaires suisse de la CRL sont la DDC, le CICR (Comité international de la Croix-Rouge), les HUG (Hôpitaux universitaires de Genève) et de l'ESAMB (Ecole supérieure de soins ambulanciers, Genève).

Mobile training unit

Au mois de décembre 2010, ces 19 secouristes ont reçu leur diplôme d'instructeur EMS. Puis, ils ont formés136 formateurs actifs à ce jour. Ces derniers ont à leur tour transmis leurs connaissances à 2619 secouristes jusqu’à fin décembre 2013 !

Le nouveau cursus de formation est maintenant bien accepté au sein de la CRL, il ne reste plus que 8% des secouristes à former. Ce qui sera fait d'ici au 30 Juin 2014.  


Tournage du DVD
En plus de ce colossal travail, la dynamique équipe d'instructeurs a réalisé un DVD, en trois langues, comprenant de nombreuses techniques de soins. Et nous on se plaint de notre roestigarben. Qu'en serait-il si on y ajoutait 15 religions différentes, des pays voisins en guerre, un PIB cinq fois inférieur ?    



Ces résultats impressionnants certes nous y avons participé, notamment par un engagement financier de la DDC sur 5 ans (environ 300'000 par an). Pour le reste, c'est l'incroyable détermination et autonomie des secouristes de la CRL qui rend possible ce succès. 

Si besoin était de démontrer encore une fois cette vivacité, d'autres nombreux projets ont étés menés parallèlement : 
 
Deux générations d'ambulances
- depuis 2012, 60 formateurs sont responsables de donner des cours tout public. 6000 personnes ont déjà bénéficié des ces cours, objectif 20'000 par an dans les cinq année à venir.
- en 2012 également, la CRL a importé le cours PHTLS de la NAEMT. Déjà 110 chefs de mission sont formés.

Les défis à venir sont nombreux. Et autant dire que ça devrait nous inspirer ici en Suisse parfois sclérosé pour de multiples raisons.

10 stations sont en train de tester le "patient care report" (l'équivalent de notre bonne vielle FIP avec papier carbone) en version tablette ! Et d'ici peu, la démarche va s'étendre au pays. Et dire qu'au début du projet il n'y avait pas de rapport écrit standardisé. Merci pour la leçon d’efficacité (une de plus). 


 
Bon vent les amis de la Croix Rouge Libanaise, MERCI et à très bientôt.

Florian Ozainne


vendredi 22 juillet 2011

Examens BLS - AED. Station de Baabda.

Examen pratique vu d'un caquelon...
En un peu plus de 70 heures, les futurs dossards ont reçu les bases nécessaire pour pouvoir être intégrés dans leur station. Aujourd'hui les examens portent sur la réanimation. Mafi pouls ? (pouls présent ?). C'est assez facile de suivre une conversation médicale entre Libanais. En effet certain termes médicaux sont pas faciles à traduire en arabe. Dans la conversation se mélange alors l'arabe, l'anglais et le français.
Pour faire plus couleurs locales, ils ajoutent à la fin des mots français l'extension "ette". Brancarette, ceinturette, canuelette (Guedel), cobayette (figurant jouant le patient, le cobaye), Kaëgi Frette, fourchette ... le tout avec une intonation très chantante. Comment résister à ce doux mélange ?
Examen théorique

Une des difficultés pour les candidats, réside dans l'apprentissage de ventiler à l'aide du ballon AMBU. Leur statu de secouriste pas expérimenté et peu entrainé rend par défaut la maîtrise de ce geste ardue. Mais leur parcours de formation n'est pas fini. La prochaine étape se nomme VISA 1. Il s'agit de retravailler les techniques apprises mais surtout de tester et développer des compétences dites non techniques (non technical skills).
Révision de l'évaluation du patient.

Vie en communauté, travail de nuit, privation de sommeil, jeux permettent aux responsables de la station de "tester" l'endurance, les compétences sociales de leur futurs recrues. Après ce week-end ils deviendront dossards, sésame pour "monter" sur les urgences. Puis neuf mois de pratique sur le terrain, le VISA 2 et enfin l'accession au titre de secouriste est possible.
L'examen se déroule bien. L'équipe des instructeurs est bien rodé à l'exercice. Trois participants sur 26 seront à retester demain.

jeudi 21 juillet 2011

Nuit à la station Furn-El Chebbek 103


Assez bavardé, place à l'observation sur le terrain. Dans un quartier à haute densité de population, ou les immeubles de 15 à 20 étages, sans ascenseurs, avec des cages d'escaliers très très étroites constituent un vrai challenge (voir un vrai cauchemar) pour les secouristes lors de l'évacuation des patients. L'hospitalité libanaise va encore frapper. A peine arrivé, tout est fait, naturellement, pour faire honneur aux hôtes. Et rien d'extravagant, pas de grande théorie ou discours fleuve. Simplement un verre de Pepsi (boisson officielle du secouriste), une visite de la station, quelque mots sur la raison de notre présence. Puis rituel de la répartition des équipes et commande du repas du soir.


Urgence, urgence ! Hypodrôme, malaise, vomissements et hyperventilation. Pour une fois on part pas avec un VW T4 mais les nouveaux Nissan (modèle standardisé dans le pays... si on faisait ça en Suisse, autant dire que c'est la guerre civile dans l'heure). Huge, qui doit bien mesurer 2 mètres, "s'installe " au volant. Ses mains (le double des miennes) relègue le volant d'une taille pourtant normale à l'état de riducule guidon de Peugot 103. Ceinture OK ? Et merde, je suis au fond de l'ambulance et la ceinture est utilisée pour tenir des attèles. Pas OK répond Hyper (chaque secouriste à un surnom. En cas de conflit, la neutralité de la Croix Rouge Libanaise leur permet d'intervenir avec toute les parties. Les surnom évite l'identification de l'origine (ethnique ou religieuse; et il y a 18 religions différentes au Liban) du secouristes). Je me déplace car tant que nous sommes pas tout ceinturés on ne roule pas.Et c'est pariel en charge avec le patient... (Et nous ? Allons-nous mettre ces superbres ceintures 5 points dans nos Ford tout neuf ?).

Slalom sur le boulevard qui mène au musée nationale puis nous entrons sur l'hypodrome. Malgré la clim' a fond, il fait un cuite infernale. S'ajoute la poussière des pistes pour les chevaux soulevée pas l'ambulance. C'est immense. Comment va - t - on touver le patient ?
On se dirige vers des spots multicolores pour le lightshow d'un concert qui aura lieu dans quelques jours.
A cind dans l'ambulance, autant dire que l'évaluation du patient est bouclée rapidement. Le chef d'équipe prend des informations auprès des témoins, le secouristes évalue le patient, les dossards ( les bleus dont je fais partie ) mesure la tension, la SpO2 et administre de l'oxygène.
Pendant ce temps, l'ambulancier (dénomination de celui qui conduit, mais qui est un secouriste expérimenté) prépare la relève. L'affaire est pliée en 5 minutes sur site. 15 minutes à l'hôpital. Ca c'est du bon BLS provider !

De retour à la station, la TV s'éteint. Le chef d'équipe nous invite à nous joindre à la séance de début de permanance. Commuications du comité de direction de la station, passage en revue des heures d'arrivée (histoire de faire comprendre que la ponctualité à une importance quand bien même vous êtes volontaires) puis je crois réver. Une chose impensable en Suisse se produit ( en plus d'avoir déjà éteint la TV )
les secouristes passent en revue les cas de la journée. Ils partagent leur expérience sur les difficultés rencontrées, sur les stratégies choisies pour la relève du paitent etc. Puis on évoque quelques pistes sur la probale pathologie dont souffre le patient. Le tout est strucuré, utile (pas genre colloque infirmier en psyger ou ça s'étalle pendant des lustres sur la formes et couleurs des selles... ).

Puis viens le cas du patient de l'hypodrome. Une discussion sur le choix de l'oxygènothérapie s'engage. Arguement, contre argument. Je pensais pas qu'on pouvais se poser autant de questions sur le sujet. Quel soucis du détail ! Mais l'art ambulancier est là. Plus on nous délègue de gestes plus on s'éloigne de l'essentiel. De fait on se perd dans des discussions stériles du genre fallait-il faire un 15 dérivations avant de donner de la TNT à ce patient ?
Bref, au-delà du sujet, c'est la posture, l'attitude adoptée par ces secouristes qui m'émeut. Le partage d'expérience, à chaud, permet aux dossards de bénéficier de l'expérience, de l'analyse des secouristes plus expérimentés. Je leur donnerai mon carnet IAS après la permanance.

Un grand merci à toute l'équipe, pour ce court moment passé en leur compagnie.

"Le premier entre les égaux"

mercredi 20 juillet 2011

Séance pédago bis.

Les instructeurs se réunissent une fois par semaine pour expédier les affaires courantes. Il ne s'agit pas de faire de la colloquite aiguë improductive mais bien de faire de l'avance. Bon : " on a une petite question à propos de l'immobilisation" ? Et c'est repartis. J'espère simplement qu'on va pouvoir y répondre sans trop passer pour des con...sultans. Peux-t-on immobiliser un patient souffrant de lésions du rachis sur les nouvelles civières à aubes (Ferno). Tentant de redorer mon blason d'expert Suisse, je tranche catégoriquement : non !
Et là, Charbel me glisse une étude de l'American Journal of  Emergency Medecin, de 2010, avec toujours ce sourire qui mélange malice, défiance, respect et classe, étude qui conclue à l'efficacité de la méthode comparée avec le log roll classique (même si le résultats n'est pas statistiquement significatif, et qu'il s'agit de volontaire sains). Sur mon flanc droit, Zeina dégaine les arguments du constructeur, qui en garantit l'utilisation pour l'immobilisation (et avec les procédures de validation d'utilisation de matériel médicale américain ça m'évoque que ça n'a pas du être fait à la légère). Puis Nabih ajoute des arguments du praticien de terrain. Notament sur le gain de temps, le peu de mouvement du rachis que cela engendre et la sensation de confort. Et paf prend ça !
Je suis ici en formation continue ou quoi ? Je donnerai mon carnet IAS à l'aéroport pour qu'un douanier me le timbre.
Au delà de la question de fond, c'est la forme qui impressionne. Des volontaires, qui piochent des études sur pubmed, lisent les instructions du constructeurs en détail, développe une argumentation rationnelle sur l'utilisation du matériel... ça laisse songeur ! Faudra peut-être mettre à jour le cours TAU et téléphoner à la NAEMT.

Bibliographie


- Vidéo (C'est pas fameux mais ça donne des idées.)

lundi 18 juillet 2011

Cours à la station de Baabda.

Les thèmes abordés ce soir sont les traumatismes de la face et le traumatisme crânien. A l'aise blaise, ce sont des sujets que j'aborde au travers l'enseignement des algorithmes de la CORFA avec nos étudiants. La partie théorique est assurée par Diana. Certes elle n'est pas diplômée de l'IFFP mais elle à l'air d'assurer. Ne serait-ce par le biais de questions, lors de la répétition des gestes techniques (KED, coquille,ceinture pelvienne), on sent une certain assurance, une aisance naturelle à expliciter clairement les choses.
" J'ai une petite question " (à propos du bassin et de l'immobilisation). Je me méfie toujours des petites questions anodines, particulièrement quand il s'agit de BLS. Avec mon titre ronflant de consultant, trop confiant à propos du sujet je me lance dans une explication probablement confuse. Sa seule réponse un hochement de tête, avec un sourire gracieux bref la classe libanaise dans tout sa splendeur. Puis débute sa présentation qui est d'une clarté limpide. La classification de la sévérité d'un TCC avec une interprétation simple (mais pas simpliste) à l'aide du score de Glasgow et des signes cliniques me fait prendre conscience que de parler des heures de débit sanguin cérébrale, de pompes à sodium, de physiopathologie de l'œdème cytotoxique n'aidera en rien l'ambulancier le jour ou il sera face à ce type de patient.
Comment atteindre un niveau de synthèse pareil alors qu'on est avec des secouristes non professionnel ?
Et bien c'est aussi une particularité libanaise. Étonné du décalage entre  la petite question simple et la pertinence de cette présentation, je questionne cette formatrice sur parcours personnel, en dehors de la croix rouge, tant je suis impressionné par l'excellence de cette présentation.
Calmement, toujours avec le même sourire, elle me déroule son CV ; profession paramédicale, travail dans une unité spécialisé sur la rééducation des patients atteint de lésion du bassin ! De plus elle prépare une intervention dans le cadre d'un congrès sur l'intérêt de certaine procédure chirurgicales.

Ici, si tu n'as pas deux master, bonne chance pour trouver un job payé décemment. A nouveau on se sent con. Comment atteindre un niveau d'éducation pareil, tout en travaillant et en consacrant 80 heures par mois à la croix rouge libanaise ? On comprend aisément pourquoi la moyenne d'âges est relativement basse (à la louche 20 - 25 ans), ajouter à ce train de vie une famille, modifie les priorités, le volontariat résistant mal à ce genre d'exercice.

La réponse à toutes ces interrogations ferait pâlir n'importe quel syndicaliste. Et c'est Nabih qui m'a mis sur la piste. En effet, lors d'une discussion sur un autre projet de formation ou nous étions en train d'estimer le temps nécessaire à sa réalisation il m'a répondu : te fais pas de soucis, on va faire ça sur un petit week-end de 45 heures !?!?!
"Au delà du devoir" est vraiment un slogan qui caractérise bien la dynamique de cette équipe.

MTU (Mobile Training Unit)

Un des souhait des cadres était de profiter de ce projet pour uniformiser les pratiques de la croix rouge libanaise. Les instructeurs « formés » par nos soins se déplacent dans les 43 stations pour former à leur tour des formateurs. Pour ce faire, il a été décidé d’équiper quatre véhicules avec le matériel nécessaires pour l’organisation d’un cours.
Les deux premiers modèles sont en circulation depuis 2008.
Les deux suivants sont en construction. Sur un châssis IVECO, le volume étant assez important ceci permet de ranger mannequins, planche, écran et autre matériel pédagogique. Les meubles sont réalisés avec beaucoup de soins, en contreplaqué croisé béton.  L’objet des discussions du jour porte sur des aspects ergonomiques, de taille de rangements, de fixation du matériel. En effet, les dos d’ânes sont plutôt efficace par ici. Et à voir les lames de ressort des IVECO, si les resuci-anne sont mal fixées, va y avoir des blessés ! Alors quand Nabih lève l’index c’est que la question est tranchée.
A nouveau, je ne peux pas m’empêcher de faire des comparaisons avec notre institution. Quatre véhicules à but pédagogique pour des volontaires travaillant dans une organisation à but non lucratif le tout sur pied en un peu plus de 3 ans ! Et dire qu’il nous a fallu une année de négociation avec l’état pour acheter la première ambulance neuve en 20 ans d’existence de l’institution ! Mais comment font-ils?

samedi 16 juillet 2011

Support audio-visuel : LE DVD est sous presse !

Camera rolling ... Action !
Trois ans après le début de ce projet, travailler à la réalisation d’un DVD comprenant 35 techniques de soins, avec une équipe de tournage professionnel, avec une voix off et traduction français, anglais, arabe est une performance incroyable, qui si besoin était, prouve le dynamisme et la santé éclatante des acteurs du projet (principalement les instructeurs et les cadres).
La qualité du montage, de l’image et des gestes techniques exécutés rend la diffusion des messages clefs plus facile.

Et j’ai pas encore parlé du casting. Des stars de la station de Kornet Chewan (203) et Batroune (502).  Dire qu’on vient à peine de finir 24 grilles d’évaluation de technique de soins… en 7 ans. Mais comment font-ils?

vendredi 15 juillet 2011

Qu’est que tu fous là !

Dents du midi, Grand Combin, Mont Blanc, Florence, Split, Dubrovnik, les îles Grecs, Chypres le tout en Business avec au menu Caviar Saumon comme entrée, je réalise pas bien que je quitte la torpeur helvétique. A la vue des premiers buildings de Beyrouth, une question me traverse l’esprit : Qu’est que tu fous là alors que tu pourrais être peinard au bord’ul (bord du lac de Genève pour les non initiés).  Aux contrôles de sécurités, mon passeport est finement scruté par un douanier. Enfin... les pages tournent mais le regard du dit douanier est attiré par une superbe créature. Autant dire qu’à part la croix Suisse je pense qu’il est incapable de dire si mon passeport est encore valide. Cette nonchalance dans un endroit stratégique très disputé par les « partis » locaux me donne l’impression que dans tout ce bouillonnement de printemps arabes, le Liban est l’état le plus stable de la région. Slalom géant sur l’autoroute, chercher un poste de radio potable et téléphoner tout en nous souhaitant la bienvenu montre que notre conductrice a développé des compétences qui ferai mousser notre BPA  fédérale.
Les odeurs de grillades sortant de petites échoppes mélangées aux parfums des plantes aromatiques utilisées pour la salade fatouche ou le taboulé libanais stimulent les aires cérébrales du plaisir libérant un doux flot de dopamine. Ca y est ! Le charme opère et la question « mais qu’est que tu fout là » vient de faire place aux images de Beyrouth en pleine effervescent ; construction frénétique de bulding faisant face à l’indémolissable Holiday Inn encore marqué des stigmates de la guerre civile.

Planning
15 :30 atterrissage, 16 :00 accueil par Diana, 17 :00 sans passer par l’hôtel réunion hebdomadaires des instructeurs pour l’analyse du dernier cours mené par MC Nabih avec toujours autant d’aplomb, d’à propos et de charisme. Ca ressemble à nos séances pédagogiques mais en mieux. Ca y est, comme d'habitude il va falloir se faire au rythme de vie à la croix rouge libanaise. Soit des journée de 26 heures (par 35 degrés ou 10 degrés suivant qui tient la commande de la clim' ). Ca ressemble à nos tournus d'ateliers en plus long avec moins de pauses  !
Qu'importe la fatigue, le simple plaisir d'être là est plus efficace qu'un litre de café libanais.
Réunion à 180° : la dreamteam des instructeurs au boulot !

samedi 18 décembre 2010

Cérémonie et retrouvailles

Cérémonie et retrouvailles. 


La cérémonie se déroule à l'école Val Père Jacques, au dessus d'Antelias, sur les contres-forts de la chaîne de montage du Mont Liban.
Sous une pluie battante, nous arrivons dans cette école, gracieusement mises à disposition par les soeurs Franciscaines de la Croix du Liban,  oeuvrant dans le respect de principes légués par son fondateur, le père Jacques Haddad. 

Quelle joie de revoir les instructeurs après deux ans et demi. Accolades, sourires généreux, souvenirs de moments partagés en cours font resurgir de fortes émotions.

La cérémonie commence par les hymnes nationaux. C'est con mais ce mélange de solennelle et d'émotions fraichement remuées me donne des frissons. Jamais l'hymne national m'avait fait pareil effet. Conjugués avec les remerciement de l'ambassadrice de Suisse au Liban et le représentant du ministre de la santé, j'ai eu la sensation  d'avoir dignement servis les intérêts de mon pays.  En rentrant c'est promis j'apprend les paroles dans les quatre langues nationales.

Place aux discours officiels. Je réalise alors que la synergie entre l'ensemble de nos compétences (libanaise et suisse), des ressources financières, de la motivation des instructeurs, du travail de coopération entre le CICR et la Croix Rouge Libanaise, l'expérience de l'école de soins ambulanciers a donné naissance à un projet unique. Sa portée dépasse déjà  les frontières de nos deux pays. En effet Olivier Hagon l'a souligné lors de son discours, une des composante de ce succès c'est d'avoir tenu compte des particularités locales et non d'exporter un cours tout fait. 


Il parait logique d'apprendre aux pêcheurs à pêcher plutôt que de gonfler les filets de poissons par miracle si on vise l'autonomie (source : Jean 21.1-25).  Pas très bon pédagogue ce Jesus non ? 

Là dessus on avait vu juste. 

La remise des diplômes 
Tous vêtus de leurs nouvelles tenues d'instructeurs, sauf Nabih qui pour des raisons techniques que je ne dévoilerai pas ici, arborait une vielle combinaison collector, d'un orange délavée évoquant un certain nombre de missions, ils défilent, avec un grand sourire pour aller recevoir leurs diplômes.
C'est à cet instant que se matérialise tout ces efforts conjoints.




Tel est prit qui croyait prendre !

On croyait créer la surprise en venant de manière inattendue. Mais les Libanais ont une capacité à retourner la situation avec une classe rare. 

Le secouriste, responsable d'introduire les différentes personnalités, reprend le micro et annonce : « Pour mener à bien ce projets il fallait des guerriers  ». C'est vrai en tant que genevois, notre expérience militaire de 1602, nous donne un statu d'expert en la matière.
Olivier Hagon, Béatrice Crettenand, Lionnel Dumont sont appelés à monter sur le podium pour recevoir un trophée en remerciements de leur investissement.

Marie Hélène et mois sommes venu à cette cérémonie de manière non officielle, à nos frais, dans un esprit proche de ces volontaires, prêt à payer de leur poche l'essence pour faire rouler les ambulances (ça été le cas en 2006, cf. La croix des années rouges de Nadim Abboud  ).

Alors être appelé sur le podium pour recevoir un magnifique trophée en guise de remerciement de notre travail, fini de m'achever. Ceci sous le regard amusé de Rachelle et Dianna, scrutant notre réaction.
Merci !



... le plus dur reste à faire.

Nabih discute suite du projet. Certes cette cérémonie est une étape importante. Mais il reste « plus que » 2000 secouristes à former. Un long travail d'unification de doctrine, à faire pâlir la suisse si hétéroclite. Mais l’enthousiasme de l'ensemble des partenaires semble à toute épreuve pour relever ce défi.



Florian Ozainne

Article de la DDC

samedi 11 décembre 2010

Boucler la boucle !

Il y a deux ans et demi le premier cours, mémorable par la grande qualité de l'anglais de l'orateur, était donné dans une salle de cours sur climatisée de l’hôtel Monroe.

Spears 101
Une des prétention d'un enseignant c'est d' influencer un comportement dans le but de le rapprocher du prescrit tout en tenant compte du contexte dans le quel il est sensé se produire.

Après quelque jours de cours, nous nous étions rendu compte qu'au delà du prescrit, il y a l'humain.
Et que comme souvent dans ce genre de projet, ce sont les enseignants qui apprennent le plus.
 « Enseigner c'est apprendre une seconde fois » J. Joubert. 

Pour ma part j'ai appris trois fois tant les échanges furent riches.

L'objet de ce voyage, non compensé en Co2, est de participer à la remise des diplômes des formateurs. De l'idée de départ (cf. Cours de méthodologie ESAMB, semaine 38, slide 3) jusqu’à la remise de diplôme c'est boucler une sacrée boucle.
Une hospitalité toujours imbattable !
L'enseignement a ça d'ingrat. De l'idée de formation jusqu’au développement réel de la compétence opérationnelle, il y a un nombre considérable d'étapes, d'heures de cours, de répétitions, d'opérations de transformation, d'abstraction qu'il est parfois difficile d'obtenir satisfaction tant l'objectif paraît se dérober dès qu'on s'en approche. Apprendre est un processus qui prend du temps, qui prend son temps. Enfin ça dépend des gestes appris évidemment. (cf. courbe d'apprentissage)

Venant d'une profession (Ambulanciers) où la règle du jeu est l’immédiateté, chaque décision, chaque choix produit un effet mesurable dans les minutes suivantes (p.ex une giclée de fentanyl lors d'une fracture de la jambe) ou parfois à plus long terme (p.ex l'aspirine lors de DRS évocatrices = 23 % d'augmentation de survie à 1 an... cqfd), l'enseignant doit faire preuve de patience et ne pas perdre de vue l'objectif final (d'ou l'important d'en formuler, même si c'est chiant).

Dans l'enseignement, entre l'idée d'agir et un taux de succès satisfaisant, il peut se passer plusieurs mois, voir années.

Participer à cette remise de diplômes n'est pas qu'un moment festif, petits fours, caviar et champagne (merci à l'ambassade de Suisse pour ses Ferrero Rocher). Ceci constitue une preuve de l'acquisition de compétences nouvelles (ou pas ! Leurs acquis étant déjà impressionnants). Le salaire moral du prof !

Soyons clairs, le gros du job ce sont les secouristes et formateurs qui sont entrain de le réaliser.

Alors à 2h00 du début de la cérémonie, mes pensées vont à tous ces volontaires, pour leur travail et investissement désintéressé.

Florian Ozainne

mercredi 14 octobre 2009

140



samedi 15 novembre 2008

L'heure du bilan

















Ben voilà.... on est rentré... maintenant l'aventure semble terminée... j'ai bien dit "semble" car la réalité est tout autre. Le projet entre la DDC et la Croix Rouge Libanaise est loin d'être terminé et je ne parle même pas du travail qui attend les volontaires ayant passé entre nos mains. Il doivent maintenant créer leur système et leurs propres formations. L'objectif initial prend maintenant tout son sens : développer un système préhospitalier pour le Liban par des libanais qui connaissent bien mieux leurs besoins que n'importe quel expert étranger (sous l'œil bienveillant de notre DDC nationale pendant encore quelques mois) .

Je tenais à vous proposer un petit bilan chiffré de nos différentes activités dans cet incroyable pays qui n'est surement pas la Suisse du Moyen-Orient malgré ce que l'on a entendu à bien des reprises. Heureusement pour lui, le Liban a ses propres caractéristiques qui n'ont finalement pas grand chose à voir avec les nôtres et c'est très bien comme ça (sauf pour l'écologie mais chaque chose en son temps... pas très écolo tout ça... ;-) ).
C'est aussi pour ça qu'il faut oublier l'image de guerre que nous renvoient nos médias à chaque fois qu'ils évoquent le pays du Cèdre et qu'il faut prendre votre billet d'avion pour vous rendre dans ce magnifique pays si bien habité. L'hospitalité de vos hôtes vous rassureront sur leurs intentions.
A plusieurs reprises, je me suis cru chez moi avec des gens comme nous, avec en plus ce côté chaleureux et généreux qui parfois nous fait défaut... Je ne savais pas que l'on pouvait donner beaucoup lorsqu'on possède matériellement ou financièrement si peu... J'ai appris beaucoup... Merci !

De retour dans ma famille qui m'a quand-même beaucoup manqué (coucouniiiiiiii !), j'ai l'indélicatesse de les laisser à leurs activités favorites pendant que je prends un moment pour vous présenter ce petit bilan... étape incontournable pour boucler la boucle de cette aventure.

Alors... Qu'avons-nous fait pendant 2 semaines ? Avons-nous atteint les objectifs ?
Au vu des résultats suite au week-end d'examens que nous leur avons fait subir, on ne peut que se satisfaire ! On vous laissera découvrir tout ça ci-dessous :


Bilan chiffré :
- 60 heures de cours :
- 18 heures de théorie
- 31 heures de pratique
- 7 heures d'examen pédagogique
- 1 heure d'examen théorique
- 3 heures d'examen pratique

Travaux pratiques (approximatif) :
- 80 extractions d'urgences
- 60 retraits de casques
- 100 poses de minerve
- 20 pose de KED
- 40 poses d'attelles
- 50 poses de pansements compressifs
- 30 poses de ceintures pelviennes
- 20 relevages à la civière-à-aubes
- 100 manipulations sur planches (take-down, retournement, etc...)
- 40 immobilisations sur planches ou vacuum
- 100 situations pratiques complètes


- 3 tests théoriques :
- 1 on-line préparatoire
- 1 pre-test écrit : 70% de bonne réponses (QCM)
- 1 test final 81% de bonnes réponses (QCM + réponses ouvertes)
4 résultats inférieurs à 75% nécessitant une remédiation
- 23 examens pratiques :
tous réussis ! Dont un après remédiation...
- 23 présentations par les apprenants pour l'examen pédagogique :
tous réussis ! Dont certains particulièrement brillamment...

Festifs :
- 15 homos
- 15 taboulés
- 15 fatouches
- 2 narguilés
- 1 ou 2 dl d'Almaza...
- 83 minutes de rires

Je profite de ce message pour remercier tout le monde. En particulier Nabih et Rachelle pour leur professionnalisme et leurs compétences et surtout pour leur motivation et leur investissement ! Merci aux responsables suisses (Olivier et Béatrice) et à toute l'équipe des instructeurs (Sandrine, Marie-Hélène, Cédric et Lionel) qui ont à mon avis largement répondu aux attentes. Même si l'anglais nous a posé quelques difficultés, plus de 90% des cours ont été assurés dans la langue de Shakespeare...

Merci à Lionel pour la musique que tu as créer juste pour nos amis libanais avec tes filles ! Une vraie rockstar !

Merci aux 23 instructeurs libanais pour leur engagement et leur humour (pas facile à gérer au début mais tellement sympa ensuite).
Merci de nous avoir montrer des échantillons de la vie nocturne de votre cité ! Le batteur du groupe au Hard Rock Café doit avoir repris ces cours de batterie après la démonstration de notre Sami lors d'un mytique Long Train Running des Doobie Brothers ! Parfait !
Merci à Michèle Mercier (chargée de la communication) pour son expérience et son humour décalé qui en a surpris plus d'un.

Merci à tous nos lecteurs et aux gens qui nous ont transmis des messages de soutien ou de sympathie. Ils sont d'ailleurs toujours les bienvenus !

Laurent Jampen

mercredi 12 novembre 2008

« Vous avez votre Liban et ses dilemmes. J’ai mon Liban et sa beauté.
Vous avez votre Liban avec les conflits qui le rongent. J’ai mon Liban avec les rêves qui y naissent.
Vous avez votre Liban, prenez-le tel qu’il est. J’ai mon Liban et je n’en accepte que l’absolu. »

Khalil Gibran, « Mon Liban »

A mesure que le temps passe et que les cours défilent, un peu de temps libre s’offre à nous. L’opportunité de quitter l’hôtel est plus qu’attirante et je décide, un matin, d’aller à la découverte de Beyrouth. Considérant la marche à pied comme le moyen idéal de visiter une ville, je m’en vais sous un soleil éclatant, prête à avaler les kilomètres. Le premier exotisme qui frappe nos esprits ordrés d’occidentaux est certainement le trafic routier. Quoiqu’avant d’en être les témoins visuels, c’est notre système auditif qui en subit les désagréments. L’usage du klaxon semble ici avoir toutes sortes de significations. Mécontentement dans les embouteillages (forts nombreux à Beyrouth), avertissement style « pousse-toi j’arrive », joie lors de mariages, « racolage de clients » pour les taxis sont autant de sentiments exprimés à travers ces bruyantes manifestations. Et l’on peut comprendre aisément, en observant le bal des quelques deux millions de voitures qui envahissent la ville quotidiennement, qu’il vaille mieux se faire sa place dans ce chaos. Pas de files distinctes sur les larges voies, pas de priorités aux croisements, des scooters qui roulent à contre sens, des feux de signalisations pas toujours respectés. Parfois il y a un policier comme posé au milieu d’un carrefour. Celui que j’observais l’autre jour avait une étrange manière de réguler le flux de véhicules : d’un geste nonchalant de la main, il indiquait à des voitures de s’engager sans même stopper celles qui venaient perpendiculairement à grande vitesse!! Mais les Libanais ont l’air de très bien se satisfaire de cette manière de faire. C’est vrai que rouler en urgence dans cette jungle demande des capacités certaines dont démonstration nous a été faite l’autre soir, lors de nos stages dans les stations.

Ma balade m’amène le long de la corniche, et la Méditerranée d’un bleu limpide s’offre à nos yeux, qui ne peuvent s’empêcher de remarquer les nombreux déchets qui flottent à sa surface. Impressionnant également, c’est la quantité de bâtiments en construction. Ceux qui longent le bord de mer sont destinés pour la plupart à devenir des hôtels ou des appartements de luxe. Ils présentent un étrange contraste avec les immeubles en ruines, détruits par des explosions parfois récentes, notamment à l’endroit où a eu lieu en 2005 l’attentat contre M. Hariri. Semblables à des stigmates, ils rappellent mieux que les monuments commémoratifs les souffrances endurcies par les habitants de ce pays.

Petit à petit, je me rapproche du centre ville, qui a en partie été restauré dans son style originel (du côté de la Place de l’Etoile). L’armée est présente, et il vaut mieux montrer patte blanche pour pénétrer dans cet ensemble de rues dans lesquelles tout est fait pour que le touriste se sente à l’aise, presque comme chez soi. Boutiques de marques, magasins de souvenirs, terrasses. Une tour orne la place de l’Etoile, elle paraît authentique mais j’avoue que l’inscription « Rolex » qui figure sur l’horloge fait très peu couleur locale…Je me dirige vers une autre tour et un magnifique palais que j’aperçois plus loin, traversant ainsi d’anciens thermes romains. Proche de mon but, un soldat me barre la route, je lui demande si on peut visiter et il me répond poliment que je vais devoir rebrousser chemin. J’apprendrais le lendemain qu’il s’agit du Grand Sérail, le bureau du premier ministre.


Le centre ville nous laisse aussi admirer quelques mosquées ( El Omari, Emir Assaf, Mohamad El Amine). Construites d’une pierre jaune, elles sont superbement bien entretenues. Moyennant quelques changements vestimentaires, j’ai l’occasion de pénétrer dans l’une d’elles, juste à l’heure de la prière. Seuls de gigantesques et pompeux lustres relèvent la sobriété des lieux. Les plafonds sont admirablement peints.


En observant bien, on trouve presque toujours une église pas trop loin d’une mosquée, comme pour marquer une vieille lutte. Pas vraiment amies, pas vraiment ennemies, elles cohabitent, tout comme les dix-neuf différentes communautés religieuses (toutes reconnues par la Constitution du pays) qui font la richesse et la complexité du Liban.


L’heure avançant, et désirant me reposer un peu avant les cours du soir, je choisis de prendre un taxi pour retourner à l’hôtel. Ayant quelques difficultés à me faire passer pour une Libanaise (j’ai abandonné mon costume pour la mosquée..), je me vois proposer le trajet pour un prix certainement exagéré. Mais je remarque dans le porte-monnaie du chauffeur des photos de ses enfants, et je pense « ..peu importe… »


C’est avec un peu plus de plaisir chaque soir que je retrouve les étudiants. Ils sont l’incarnation de ce Liban, jeunes, volontaires, désirant aller de l’avant, ensemble, oubliant leurs différences, utilisant comme une force ce qui les réunit. Leur intérêt, leur soif d’apprendre et les progrès qu’ils ont déjà fait depuis le début du cours sont pour nous une récompense pour le travail effectué depuis plusieurs mois, et une confirmation du bien-fondé de notre présence ici. Et j’espère qu’ils resteront dans mon esprit, tous autant qu’ils sont, comme un exemple à suivre lorsque je serai de retour dans mon pays.
Marie-H.

lundi 10 novembre 2008

Mardi et mercredi arrivent seulement lundi...

Salut les amis,
Nous vous avons quelque peu abandonné mais malgré toute la sympathie que nous vous portons, nous avions d'autres priorités...

Mardi soir était consacré aux différentes techniques liées à l'utilisation de la planche, tandis que mercredi était réservé à celles du matelas vacuum.
Autant nos protégés étaient exemplaires à tout point de vue le mardi, autant leur discipline a diminué au profit de leur 
imagination le mercredi...
Une délégation du CICR était présente pour évaluer la concordance de la bonne parole de notre docteur Olivier et la réalité. Le délégué éthopien s'est, malgré lui, prêté au jeu du patient. Exercice réussi pour nos élèves, que nous nous préparons gentiment et avec regrets à quitter. 
Oui déjà, car les cours touchent à leur fin. Il ne reste que le week-end, qui sera consacré aux évaluations; puis le reste de notre séjour consistera en une analyse complète du module ainsi qu'à la réorganisation du matériel.
C'est également avec regrets que Lionel nous quitte. Notre brave docteur doit prendre sa garde ce jeudi à midi...
Il a néanmoins su nous faire des adieux dignes de Sting et Mike Jagger réunis.
Ce n'est pas un discours, ni un mot doux, ni un solo de guitare mais bien la diffusion de l'enregistrement d'une chanson, composée par ses soins et interprêtée en live avec ses filles et des amis qu'il a dédicacé à l'assemblée agréablement surprise...
Nous avons conclu ces adieux dans un restaurant réservé par notre super GO Sami T.. Puis, après cet agréable moment en commun, nous nous sommes rentrés, car une journée de travail nous attendait.
Portez-vous bien!
Sandrine

mercredi 5 novembre 2008

23h30, le debriefing s’est terminé tôt ce soir…peu de points à discuter, tant la soirée a été appréciée par tous…Ateliers pratiques sur l’utilisation de la planche, les volontaires découvrent de nouvelles méthodes, et, malgré leur fatigue, leur enthousiasme est débordant et se révèle être agréablement contagieux !!! Mais je fais un petit saut en arrière dans le temps pour reprendre là où Laurent nous a laissés, c’est -à-dire à la journée de samedi, qui s’est poursuivie par un repas au restaurant de l’hôtel (durant lequel Béatrice s’est réservée pour les profiteroles annoncées par Nabih, qui se sont transformées en maigre mais néanmoins succulente salade de fruits frais). Raisonnables ce soir là, nous nous couchons tôt, conscients de la journée qui nous attend demain..à part bien sûr Lionel qui, à nouveau prêt à enflammer les bars de la ville après avoir été quelque peu « malmené » par son système digestif, s’en va gaiement profiter de la « Beirut Nightlife ».
C’est Laurent qui ouvre les feux dimanche matin, en utilisant d’efficaces moyens pédagogiques artisanaux de son cru. Je poursuis avec mon dernier cours théorique, et ceux qui me connaissent peuvent imaginer mon soulagement. Les cours de Sandrine l’après-midi impliquent quelques changements dans la façon de travailler des volontaires (traction et réalignement du membre blessé, utilisation du tourniquet). Les questions fusent, les débats vont bon train, les passions se déchaînent, il faudra l’intervention d’Olivier pour remettre un peu d’ordre dans l’assemblée. Du coup, le temps des ateliers pratiques, Lionel va consulter Internet, nous compulse 3-4 études et nous présente tout ça sous forme de Powerpoint : une efficacité redoutable!!! Ah l’autorité médicale….Mais toute cette agitation prouve l’implication dont font preuve les volontaires, et le sentiment que nous partageons lors du debriefing est celui d’un réel « démarrage » du programme. Deux ou trois Almaza ( la bière locale) aident à faire descendre non seulement les cacahuètes mais la pression palpable lors de ce premier week end très chargé, avant un repos bien mérité…
Un peu plus frais lundi matin, nous avons la bonne idée de réviser les techniques de soins que nous voulons présenter le soir : quand même trois essais furent nécessaires pour arriver à une pose de K.E.D. correcte. Pas mal pour des ambulanciers professionnels, non ? Je constate qu’avoir donné tous mes cours théoriques ne signifie en rien n’avoir plus de travail : j’ai passé une bonne partie de la journée dans « l’aquarium ». Retrouver les volontaires le soir me rend le sourire qu’avaient effacé le stress et la fatigue. Puis le soir, devant une délégation du CICR, Cédric insuffle une énergie communicative à ses cours, on le sent à l’aise comme un poisson dans l’eau ( à force de passer ses journées dans un bocal), et son anglais lacunaire se transforme en outil infaillible pour rendre l’atmosphère joyeuse. Les ateliers pratiques se poursuivent dans la même bonne humeur, et je dois dire que j’ai beaucoup de plaisir à les animer. Pour clore dignement la soirée, une petite sortie dans le quartier de Gemmayzeh s’impose, les Almaza sont de rigueur, même Béatrice se laisse aller à 2-3 vodkas-oranges pour partager ce
« moment convivial ».




P.S. T’as vu Florian, j’ai trouvé les accents !!!

samedi 1 novembre 2008

3, 4 et 5eme jour...

On vous avait promis de vous pres... euuuh... toujours pas d'accent sur les claviers libanais si jamais... On vous avait promis donc de vous presenter chaque jour un extrait de nos aventures ici a Beyrouth... mais on avait peut-etre oublie que l'on n'est pas ici pour faire du tourisme. Donc l'argument habituel pour tante Odette "Pas eu le temps de t'ecrire une carte postale" prend cette fois tout son sens. Mais je tiens a prendre quelques minutes pour vous raconter ce qu'il s'est passe en deux mots lors de ces 3 derniers jours...

3eme jour
Au menu, sequestration consentante de l'equipe enseignante dans un bocal... euh un local dans lequel on nous a installe 3 ordinateurs et du materiel nous permettant d'effectuer nos dernieres mises a jour. Une baie vitree nous permet de temps en temps de nous deconcentrer en regardant passer ce que le Liban a de mieux.

Tres vite, les jolies tables preparees par le personnel de l'hotel se muent en typique bureau d'enseignant ou la couleur de la nappe n'est bientot plus qu'un lointain souvenir. Le fait de penetrer dans ce lieu vous fait passer de l'agreable odeurs de la cuisine libanaise a celle moins savoureuse des neurones grilles... Bref, apres quelques pannes d'electricites et caprices informatiques, nous sommes prets a descendre dans l'arene.
Je suis le premier a ouvrir les feux avec une introduction a la traumatologie, suivi par un autre cours sur des aspects de pedagogie. Ceci faisant suite au 45 minutes de test d'entree, je me suis demande si ces apprenants ne s'etaient pas donnes le mot pour se venger du test que je leur avais prepare... Moi qui ne suis pas capable de donne un cours lorsque deux personnes chuchotent, j'ai ete impuissant devant la fougue et la decontraction de ces enthousiastes libanais... Imaginez donner un cours ennuyeux de pedagogie avec un anglais limite a des etudiants qui se retrouvent joyeusement apres une longue journee de travail et qui trouvent tres rigolo (a juste titre) la maniere avec laquelle je prononce certains mots. J'ai beau eu faire attention a la pronociation de "Sheeeeet", ils ont tous bien rigole...
Quoi qu'il en soit, ce premier contact fu enrichissant pour tout le monde et heureusement, Sandrine, qui assurait la deuxieme moitie de la soiree avec le Scene size-up, a une prononciation beaucoup plus elaboree que la mienne.

4eme jour
Les imperatifs du programme font que nous devions finaliser 22 heures de cours en quelques heures, sans compter que nous avions la tache de convertir un depot d'import-export plein de cartons en local de materiel prehospitalier... En plus, on a du mettre a la poubelle une quantite incroyable de carton mais heureusement j'ai renvoye par avion ma fibre ecologique depuis bien longtemps... (pas tres ecolo quand meme tout ca...)

Ce soir, c'est Cedric qui commence avec la "kinematics of trauma". Il a passe la journee a repeter (dites "raie PT", a ne pas confondre avec le poisson sous l'emprise d'alcool) et du coup il nous a fait une jolie prestation le bougre ! On a pas manque de lui envoyer un gateau d'anniversaire a la fin du cours sous les cris et les chants du sympathique public.
Ensuite Marie-Helene a suivi avec les degagements d'urgence avec un anglais impecc... suivi par les premiers ateliers. Les etudiants etaient netemment plus attentifs et le debriefing habituel suivant les cours fut nettement plus positif que le soir precedent.
Il s'en est suivi une sortie festive ou un record que nous garderons secret a ete largement battu (60 pour seulement 12)

5eme jour
Le soir precedant, on a fini a 23h et la... paf on commence a 9h pour une grosse journee de cours... Le melange entre les cours theoriques, la mise en activite des etudiants et les ateliers pratiques fut adequat pour garder une certaine dynamique malgre une journee tres chargee.
Les presentations de l'evaluation du patient par les etudiants nous ont permis de decouvrir quelques talents d'orateurs plutot impressionnants.
Un truc de rigolo ici, c'est les mariages dans les hotels... n'imaginez pas le truc 3 petits fours et deux cotillons... Ca ressemble plus au festival de Canne... Ce qui est moins rigolo, c'est lorsqu'on doit commencer un cours dans 2 minutes dans la meme salle que celle ou les futurs maries vont se dire oui... Finalement, la persuation de notre gentille Rachelle (qui cette fois avait l'air plus tiroir que commode devant le manager de l'hotel) nous a permis de poursuive la journee sans trop de probleme.
La voici d'ailleurs en activite lors de mon stage dans sa station mercredi soir.

Bon... il est tard et on a encore une jolie journee demain et les heures de sommeil commencent vraiment a manquer...
A plus

Laurent

jeudi 30 octobre 2008

2ème jour...

Deuxième jour, et malgré s’être couchés tard la veille, l’ensemble de la délégation s’est levée de bonne heure pour aller… faire du sport. Entre course à pied en bord de mer ou fitness au sein de l’hôtel, nous nous sommes tous motivés à 200% pour cette journée attendue mais probablement crainte également.

Après un petit déj’ copieux, nous nous retrouvons pour finaliser les quelques premiers cours prévus le vendredi, samedi et dimanche qui sont pour nous des journées très complètes. Dès lundi ce sera beaucoup plus facile car nous aurons chaque jour plusieurs heures pour finaliser les sessions.

Dès 17h nous sommes partis de l’hôtel pour être distribués dans les différentes stations qui nous accueillerons pour quelques heures.  Le voyage s’avère plus long que prévu et le temps de s’arrêter dans les stations les minutes défilent et il est passé 20h lorsque les personnes étant le plus éloignées de l’hôtel atteignent leur station. 

C’est à ce moment que nous sommes réellement confrontés à la population libanaise et surtout à la grande famille de la Croix Rouge Libanaise. Je ne peux que parler de mon expérience personnelle à la station de Baabda mais apparemment ce que j’ai vécu hier soir est ressenti par tous et nous avons tous vécu un moment inoubliable.

Il faut savoir que les personnes qui travaillent à la Croix Rouge Libanaise sont en grand majorité des volontaires qui travaillent ou étudient en plus de leurs gardes. A mon arrivée, je suis superbement accueilli par l’équipe de la nuit, on me présente la centrale, la salle de soins et différents modèles d’ambulances. Cette nuit là, il y aura 3 équipes (la station est fermée la journée).

La soirée passe gentiment, il y a de nouveaux visages qui apparaissent et d’autres qui disparaissent. Les secouristes viennent sur leurs congés pour dire bonjour, aider l’équipe ou faire des interventions si besoin. Il faut savoir que la majorité des interventions planifiables se font la soirée ou nuit car le nombre d’ambulances disponibles la journée est fortement  diminué donc elles sont réservées aux urgences.

Pour ma part, j’ai eu la chance de faire deux missions (stables) qui changent de mon quotidien. L’une pour un retour à domicile (6 étages sur la civière dans une cage d’escaliers sans lumière sur la moitié du parcours) et la seconde pour un soin à domicile. Ici, c’est le secouriste qui remplace nos soins à domicile et je vous jure qu’ils font un magnifique travail.

Après ces deux missions et beaucoup de discussions, on m’a projeté un petit film amateur (mais très bien fait) qui décrit en 14 minutes, la vie des personnes de la station de Baabda. Après cela, session diaporama de la guerre de juillet 2006 pour commencer. On sent l’émotion dans la station et même moi qui n’ai pas vécu cette aventure j’ai des frissons et parfois un myocarde qui se crispe la moindre…  Ensuite, c’est un peu plus joyeux avec projection des différents moments de la vie libanaise (mariage, exercice à la station, ski, etc…).

Il est 2h du mat’ lorsque je rentre à l’hôtel, fatigué mais la tête pleine de magnifiques souvenirs. Le trajet a été à nouveau encore plus long mais cette fois non par les embouteillages mais par la bonne volonté de notre chauffeur qui s’est soudainement transformé en guide.

Un immense merci à toutes les personnes de Baabda (et également des autres stations) pour l’accueil chaleureux et sincère.

Grem’s

PS : Désolé pour ceux qui n’aiment pas lire, mais il est très difficile de résumer nos expériences alors courage et j’espère que vous saurez prendre le temps de nous lire !